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COMMUNIQUÉ : Les dangers actuels du passage des salles de cinéma au numérique

Montréal, le 12 mars 2012 – DOC Québec, association professionnelle vouée à la promotion et à la défense des documentaristes et du cinéma documentaire au Québec, soutient les démarches actuelles du RDIFQ, le Regroupement des distributeurs indépendants de films du Québec, auprès du Gouvernement du Québec. Le RDIFQ a fait savoir, par voie de communiqué diffusé le 5 mars dernier, les conséquences néfastes et encore méconnues des conditions actuelles du passage des salles cinématographiques au numérique.

Nous avons appris il y a quelques semaines que de nombreux exploitants de cinémas au Québec perdaient actuellement le contrôle de la programmation de leurs salles, avec pour résultats de fragiliser la distribution du cinéma documentaire, ainsi que du cinéma de fiction indépendant, qu’ils soient québécois ou étrangers. « Nous soutenons l’importance d’une distribution adéquate de ces œuvres, qui font partie de la richesse culturelle et intellectuelle de nos sociétés », ont affirmé Yanick Letourneau et Katarina Soukup, les co-présidents de DOC Québec.

Étant donné que tous les exploitants de salles du monde occidental ont été poussés par les majors américaines à se doter en équipement numérique dans un temps réduit, de nombreux exploitants de salles au Québec ont dû faire affaire avec un intégrateur qui collecte des frais de copies virtuelles (VPF : Virtual Print Fee) afin de financer leur équipement. La plupart des intégrateurs sont des entreprises américaines qui n’ont aucun lien administratif ou décisionnel avec le Québec. D’autre part, les VPF ont été fixés à des montants prohibitifs (de l’ordre de 950 $) qui dépassent la marge de bénéfice des distributeurs et qui tuent la possibilité de présenter des œuvres moins évidentes à mettre en marché, comme le documentaire. Nous voyons déjà de nombreux exploitants, notamment en régions, se fermer au cinéma documentaire et de fiction qui ne répondent pas aux critères commerciaux primaires. Par ailleurs, certains intégrateurs imposent aux exploitants de se débarrasser de leur équipement 35mm et Blu-Ray/DVD, empêchant toute programmation autre que celles qu’ils autorisent en vertu des paiements des VPF.
Afin de protéger la présence du genre documentaire sur grand écran, nous soutenons les actions du RDIFQ, en particulier en ce qui concerne la création d’un intégrateur québécois qui nous permettrait que les choix de programmation soient faits exclusivement au Québec, l’établissement de VPF qui soient à la fois raisonnables et flexibles selon la durée de projection des œuvres – permettant ainsi de présenter un film une fois ou plusieurs à l’intérieur d’une même semaine –, et l’autorisation aux exploitants de projeter différents formats, incluant le 35mm et le BluRay/DVD, leur permettant de diversifier leur offre de films nouveaux ou de répertoire, et non seulement de films hollywoodiens offerts en format numérique. Ces actions nécessiteraient également de racheter les contrats des exploitants signés avec les entreprises étrangères, et de les réunir autour d’un nouveau système régi par des instances locales, telles que la Régie du cinéma.
DOC Québec encourage toute association et tout organisme aussi préoccupé par cette situation de soutenir publiquement la position du RDIFQ auprès du Gouvernement du Québec, en vue de la mise en place de cet intégrateur québécois, redonnant à nos salles le pouvoir de programmer du documentaire et des cinémas diversifiés.

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