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Politique : Réaction à la formation du groupe de travail sur les enjeux du cinéma formé par la SODEC

Le 19 avril dernier, DOC Québec faisait parvenir au Ministre de la culture et des communications du Québec, Monsieur Maka Kotto ainsi qu’au président de la SODEC, Monsieur François Macerola, ses commentaires sur la formation du groupe de travail sur les enjeux du cinéma formé par la SODEC.

DOC Québec, qui représente des cinéastes et producteurs indépendants du Québec, est la seule association dédiée entièrement à la promotion du documentaire et à la défense des intérêts des documentaristes. A ce titre, elle souhaitait ajouter sa voix à celles de plusieurs autre groupes qui ont manifesté ces jours derniers leur mécontentement devant la constitution de ce groupe de travail.

Depuis l’envoi de ce texte, nous avons reçu l’assurance que DOC Québec allait être associé à ce processus de consultation.

Nous serons également partenaires d’une réunion plénière à venir qui regroupera plusieurs associations actives pour la défense du cinéma indépendant en général où nous veillerons à promouvoir la place du documentaire.
Voici la lettre :

À l’attention de Monsieur le Ministre de la culture et des communications, Maka Kotto
Et de Monsieur François Macerola, Président et chef de la direction, SODEC

Messieurs,

Au nom de l’association DOC Québec, nous vous félicitons d’avoir mis en place un groupe de travail sur les enjeux du cinéma québécois. Il s’agit d’une mission qui est essentielle à l’épanouissement de notre cinéma mais aussi garante d’une meilleure cohérence de notre système, dans le but de rejoindre nos publics.

Cependant, nous remarquons que le cinéma documentaire, genre majeur au Québec, est sous-représenté dans ce groupe. Le cinéma documentaire représente non seulement un important bassin de réalisateurs et réalisatrices, d’artisans et de producteurs, mais aussi un nombre imposant de longs métrages cinématographiques. En 2012, il y a davantage de longs métrages documentaires québécois que de fictions qui ont pris l’affiche : 41 longs métrages documentaires exploités plus d’une semaine en salle pour 27 films de fiction. Et, si l’on regarde le premier trimestre 2013, la tendance ne semble pas vouloir s’inverser. Ces dernières années, de nombreux documentaires québécois ont fait les manchettes et ont occupé parfois des places enviables au box office, tels que Roger Toupin, épicier variété, Voleurs d’enfance, Ce qu’il reste de nous, Trou Story, Up the Yangtze, À force de rêves, La nuit elles dansent, Surviving Progress, Dérapages… des oeuvres aussi variées de style et de sens.

Il ne faut pas non plus négliger le box office du documentaire qui génère parfois plus de revenus que certains longs métrages de fiction, plus coûteux en termes de production et de mise en marché. Ces documentaires sont également souvent plus populaires en termes d’auditoire lors de leur diffusion télé subséquente. Au final, ils participent activement à proposer une masse critique d’oeuvres québécoises sur le grand écran et à garder vivante une partie originale de notre force cinématographique. Il faut également souligner que les documentaires québécois voyagent beaucoup à l’étranger et participent au rayonnement du Québec dans des évènements prestigieux tels que les festivals de Cannes, Berlin, Sundance, Locarno, etc.

Pour ces raisons, il nous paraît primordial que ce genre soit pleinement inclus dans les discussions sur l’avenir du cinéma québécois.

En conclusion, nous vous suggérons donc d’inviter à votre table un(e) producteur/trice de documentaires, ainsi qu’une maison de distribution spécialisée, telle que Les Films du 3 mars. Les distributeurs ou les producteurs de documentaires qui s’auto-distribuent en font beaucoup avec peu de moyens, pour mettre en marché ces films et investir différents réseaux de distribution.

Enfin, nous, DOC Québec, en tant que seule association dédiée à la défense et à la promotion du documentaire et de ses artisans, nous vous proposons de rencontrer le groupe de travail afin de participer à l’analyse de la situation et aux discussions sur l’avenir du cinéma québécois et du documentaire.

Etant persuadés que notre requête saura trouver un écho favorable auprès de vous et de vos collègues, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, nos sentiments les plus distingués.

Ian Oliveri et Katarina Soukup, présidents
Yanick Létourneau et Sarah Spring, vice-présidents

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