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Films d’auteur: la ministre St-Pierre est pressée d’intervenir

La guerre qui oppose les exploitants de salles de cinéma à certains distributeurs de films d’auteur a eu des répercussions jusqu’à l’Assemblée nationale, hier, où la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, a été pressée d’intervenir pour empêcher que des intérêts torontois ne dictent les conditions d’accès aux films d’auteur à Montréal et en région.
La ministre a été interpellée par le critique du Parti québécois en matière de culture et député de Borduas, Pierre Curzi, à la suite du retrait de l’affiche par la compagnie Cineplex Galaxy de deux films d’auteur, en guise de représailles à leur distribution dans des salles de répertoire de Réseau Plus en région.Depuis quelques mois, Cineplex Galaxy refuse que les films projetés dans certaines de ses salles à Montréal soient distribués en même temps dans des salles parallèles en région, situation qu’elle assimile à une concurrence déloyale. Cette politique s’est traduite par le retrait la semaine dernière du Quartier Latin à Montréal et du Cinéma Beauport à Québec de la version française de Up the Yantgze et par l’annulation d’Un baiser s’il vous plaît, distribué par K-Films Amérique, qui devait prendre l’affiche en mai. Un troisième film avait fait l’objet de mêmes mesures l’automne dernier.

«Est-ce que la ministre de la Culture peut s’engager à intervenir fermement pour empêcher Toronto de mettre en péril l’existence de Réseau Plus et empêcher Toronto de restreindre l’accès des Québécois à la diversité culturelle?», a martelé le député Curzi.

Selon le député, il est illogique que soient tolérées pareilles pratiques visant à nuire à Réseau Plus, réseau financé par de l’argent public par le truchement de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC). Réseau Plus, qui existe depuis 20 ans, a été créé pour développer un réseau d’une quarantaine de salles non commerciales en région destinées à la promotion du cinéma d’auteur.

La ministre St-Pierre a fait part de son inquiétude face à cette pratique et affirmé qu’elle avait confié à la SODEC le mandat de trouver une solution à cette guerre larvée, dénoncée à grands cris par les maisons de distribution qui sont victimes de ces mesures de répression économiques.

«Lorsque, ce matin [hier], j’ai lu cet article, […] j’ai trouvé ça effectivement très inquiétant et très triste. Alors, j’ai demandé à mes gens au ministère de la Culture et j’ai demandé également à la SODEC de rencontrer les parties pour trouver un terrain d’entente parce que, la culture, ça s’adresse à tout le monde», a soutenu la ministre St-Pierre.

Selon la ministre, l’accès à la culture doit être préservé, notamment l’accès au cinéma d’auteur. Dans un débat de fin de séance à l’Assemblée nationale, réclamé par Pierre Curzi, la ministre a ajouté que la diversité de l’offre cinématographique était primordiale pour son gouvernement. Elle se demande en quoi les pratiques appliquées par les exploitants de salles commerciales servent les cinéphiles. «Nous ne pouvons donc pas définir cette situation comme étant une concurrence déloyale.»

Le ministère de la Culture a l’intention de continuer d’aider les cinéclubs et annoncera prochainement 34 nouveaux bénéficiaires de son programme géré par la SODEC.

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